On me pose cette question à presque chaque premier rendez-vous. Ma réponse commence rarement par un nom de réseau. Elle commence par une autre question : qui décide d'acheter chez vous, et où se trouve cette personne au moment où elle décide ?
La question à se poser avant de choisir un réseau
Un particulier qui achète pour lui, seul, le soir, dans son canapé, ne se trouve pas au même endroit qu'un responsable qui doit justifier une dépense devant sa direction. Le premier est sur Facebook et Instagram. Le second est sur LinkedIn, souvent pendant ses heures de bureau.
Beaucoup de structures ont les deux publics. Dans ce cas, la bonne question n'est pas « lequel des deux », mais « lequel des deux amène le chiffre d'affaires ». On commence par celui-là, et on n'ouvre le second qu'une fois le premier tenu correctement.
Facebook : l'outil du lien communautaire et de la proximité
Facebook reste, en France, l'un des réseaux les plus utilisés, avec un public qui a vieilli en même temps que la plateforme. C'est aujourd'hui un excellent terrain pour les commerces de proximité, les associations, les TPE locales et tout ce qui s'adresse au grand public d'une ville ou d'un département.
Ce qui y fonctionne vraiment, ce n'est pas la publication de page. C'est le reste : les groupes locaux, où l'on demande un plombier ou une bonne adresse et où votre nom peut remonter, les événements, qui restent l'un des rares formats à toucher au-delà de vos abonnés, et la messagerie, par laquelle arrivent beaucoup de demandes de renseignement.
Ce qu'il ne faut pas en attendre, en revanche, c'est de la portée gratuite. Une publication de page touche aujourd'hui une petite fraction de vos abonnés. Sur Facebook plus qu'ailleurs, la publicité fait partie du dispositif, ne serait-ce qu'avec de petits budgets ciblés sur votre zone de chalandise.
LinkedIn : le réseau de la crédibilité professionnelle
LinkedIn est le bon endroit si vous vendez à d'autres structures, si vous travaillez avec des institutions, ou si votre métier demande qu'on vous fasse confiance avant de vous appeler.
Un point que beaucoup d'entreprises ignorent : sur LinkedIn, une page entreprise a une portée faible, alors que le profil d'une personne en a beaucoup plus. Une PME qui publie uniquement depuis sa page se prive de l'essentiel. Faire écrire le dirigeant, ou une personne identifiée de l'équipe, change tout, et c'est souvent la première recommandation que je fais.
La cadence y est aussi très différente. Une publication par semaine suffit largement, mais elle doit dire quelque chose. Un retour d'expérience, un chantier expliqué, un avis argumenté sur son secteur. Les publications décoratives y passent encore plus mal qu'ailleurs.
Dernier point, souvent sous-estimé : LinkedIn est aussi un outil de recrutement. Pour une PME qui peine à embaucher, une présence régulière fait une vraie différence sur la qualité des candidatures.
Et Instagram, dans tout ça ?
Il est absent de la question de départ alors qu'il devrait souvent y figurer. C'est le réseau sur lequel je passe le plus de temps pour mes clients.
Instagram est le bon choix quand ce que vous vendez se voit : un lieu, un produit, un geste, une transformation, une équipe. Un restaurant, un studio, un artisan, un commerce, un cabinet avec de beaux locaux y ont tout à gagner.
Il est le mauvais choix quand votre valeur est invisible. Du conseil, de l'ingénierie, de l'expertise abstraite se racontent beaucoup mieux en texte sur LinkedIn qu'en carrousel sur Instagram. Forcer le passage sur Instagram parce que « tout le monde y est » est la façon la plus rapide de produire des contenus que personne ne regarde.
Le même message, deux écritures
Prenons une PME qui recrute un technicien. L'information est identique, le registre n'a rien à voir.
Sur Facebook, on écrira quelque chose comme : on agrandit l'équipe, on cherche un technicien de maintenance sur le secteur, si vous connaissez quelqu'un de sérieux, partagez autour de vous. Ton direct, appel au partage, la communauté locale fait le travail.
Sur LinkedIn, ce sera plutôt : nous ouvrons un poste de technicien de maintenance, voici concrètement ce que la personne fera au quotidien, avec qui elle travaillera et pourquoi le poste est ouvert. Ton posé, argumenté, adressé à des professionnels qui évaluent une opportunité.
Copier-coller le même texte sur les deux réseaux est l'erreur la plus fréquente, et elle se voit immédiatement.
Combien de réseaux tenir
Deux, au démarrage. Rarement plus, et souvent un seul la première année.
La règle que je donne à toutes les structures que j'accompagne : un réseau sur lequel vous êtes réellement actif vaut mieux que trois sur lesquels vous êtes simplement présent. Un compte à l'abandon fait plus de mal qu'un compte inexistant, parce qu'il donne à voir une entreprise qui a commencé quelque chose et l'a laissé tomber.
Trancher en trois questions
- Où sont vos clients au moment où ils décident ? Pas où ils passent du temps en général, mais où ils cherchent quand ils ont votre problème à résoudre.
- Qu'avez-vous à montrer ? Si votre travail est visuel, Instagram entre dans l'équation. S'il ne l'est pas, ne vous forcez pas.
- Combien de temps pouvez-vous y consacrer chaque semaine, réellement ? Répondez avec le chiffre honnête, pas avec celui que vous aimeriez tenir. C'est lui qui détermine le nombre de réseaux.
Vous avez besoin d'aide pour définir la stratégie réseaux sociaux la plus adaptée à votre structure ? Contactez-moi pour un audit personnalisé et des recommandations sur mesure. Pour les structures du Var, ce choix se fait souvent de vive voix : voici comment se passe un accompagnement depuis Toulon.
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